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L'UNIVERS D'EDITH A’GAY

fashion Par Mathilde Thunus
Photos :: Edith A’Gay / Giacomo Podda

Nous sommes invités à avancer dans une ambiance épurée, presque froide qui met en scène de manière très calculée les déambulations et poses des mannequins. Le premier regard est quasiment clinique, attiré par les points importants du décor, un par un… Moiteur mélancolique des notes d’un violoncelle à droite, rythme synthétique des lab tops à gauche, silhouettes noires et ensorceleuses rencontrant la force vitale d’une rose rouge épanouie sur le mur –à moins que ce ne soit une tache de sang… Les créations ainsi exposées relèvent d’une sorte de symbiose polymorphique entre froideur, rigidité et expression des sens par le vêtement. La mode d’Edith A’Gay est une architecture pour le corps humain basée sur des principes géométriques à travers une sélection de matières et de coupes dont le tomber et la finesse relèvent d’un nombre réduit de points et de coutures. Quelques rubans flottants, des perles, des voiles plissés soleil, des courbes qui soulignent et laissent apparaître le corps par endroits... Un mélange entre style traditionnel strict et sensualité, dont raffolerait l’égérie de Marilyn Manson, Dita Von Teese : de la rigueur, un peu de cabaret…   Les contrastes -le rouge, le noir, le blanc, font partie du décor d’Edith A’Gay en tant qu’expression de délimitation de notre présence. Les lignes fortes ensuite sont adoucies par des éléments érotiques, doux et féminins… Une élégance contemporaine plutôt minimale et perfectionniste, finalement adoptable par chaque femme à chaque moment de la journée.

Pour présenter sa collection automne / hiver 2006 – 2007, la créatrice austro-hongroise diplômée de l’Académie des Arts Appliqués de Vienne depuis 1997 avait déjà choisi le mode de la performance visuelle et sonore, soutenue par le duo féminin électronique viennois Stüwe & Legenstein.


Pour l’hiver 2007 – 2008, une projection vidéo a été accueillie par le VIP Room, avenue des Champs Elysées. Variation sur le même thème : tour à tour acteurs ou « voyeurs » du monde, nous en faisons surtout et avant tout partie. Dans les limites de l’apparence, quelle image assez forte pouvons-nous proposer pour ressortir en tant qu’individualité ? Avec « Measure » Edith A’Gay jaugeait nos possibilités d’existence au monde en tant qu’êtres visuels (vus et « voyeurs »). Dans cette continuité esthétique, « Dual Body » peut être interprétée comme un exercice de conversion des tenues : réversibles, convertibles, elles apparaissent aussi en miroir comme un lien entre un corps et un autre corps. Au travers d’un design spécifique, toutes les pièces de la collection sont compatibles entre elles, à voir donc comme une nouvelle forme d’articulation de signes, une nouvelle forme de communication, dont les résultats visuels sont les « group-dresses », des vêtements à assembler et à dépareiller, pour varier à l’infini.

 

www.edithagay.com

« Measure » à l’Espace St-Martin (28/02/06) / “Dual Body” au VIP Room (04/03/07)

 

 

               
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