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MATTHEW AMES :: "I heard you looking"
Par Mathilde Thunus
Photos :: Krish Mootoosamy
Diplômé de l’Institut d’Art de Chicago en 2003, Matthew Ames étudie ensuite à Anvers où il travaille aux côtés du designer Jurgi Persoons. Lorsqu’il est sélectionné comme finaliste au Festival International des Arts de la Mode à Hyères en 2004, il attire les regards de la profession sur une façon audacieuse de penser les formes et le vêtement. Celle-ci se confirmera lors de son premier passage à Paris durant les collections Homme printemps été 2005, et s’approfondira pour l’hiver 2005, lorsqu’il présente sa ligne féminine et crée sa marque éponyme.
Sixième saison parisienne pour le créateur américain, qui déploie lors des dernières collections Eté 2008 sous forme de vidéo performance une maîtrise radicale de l’architecture de l’habit. C’est tout en volume que s’épanouit la fine fleur de Matthew Ames : parfois elle semble abstraite au monde environnant ; il s’agit d’une femme enveloppée, capitonnée, quasiment protégée par sa beauté originelle, végétale... Parfois la construction se dessine en coupes nettes, dans un autre souci de fonctionnalité. Un contraste américano – européen entre beauté architecturale et poésie bucolique, entre le style tiré à quatre épingles d’un tailleur kimono en piqué de coton noir et l’utopie de cette robe « fleur » ou robe « bulbe » en soie fuscia, dont on ne distingue pas les manches. Au-delà d’une anti-symétrie japonisante et sans sur dimensions qui ne se justifieraient que par leur non nécessité artistique, entre une manche circulaire qui revient comme un leitmotiv depuis ses inspirations Bauhaus et un esprit plus organique qui demeure tout en arrondis, la boucle est bouclée et l’esthétique de Matthew Ames continue de s’articuler autour du cercle, symbole de pureté. Le vêtement semble avoir été déposé et même cousu sur le modèle, tel un costume d’enfant à l’agencement parfait. Fluides, gonflants, les tissus se superposent avec un faux effet de petites crinolines en étages, dégradés de rose, rouge, jusqu’au violine. Les blancs monacaux, drapés sur les épaules, côtoient les sobres marine de jupes « bulles » qui se déclinent façon sarouel, à découpes claires pour le graphisme. Une ambiance zen et moderne envahissait la galerie du 26, rue Saint Claude à Paris, le 3 octobre dernier. Les chaussures s’effaçaient pour une attitude libre qui, contrastant avec l’aspect constructiviste du vêtement, lui donnait encore plus de légèreté.
Novembre 2007
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