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THIERRY FREMONT :: PORTRAIT

Parrain des passagers-des-arts.com
 

fashion Par Renaud Santa Maria

Acteur bien étrange, à la personnalité réservée tout en étant en quête de rôles puissants et complexes ; homme sérieux basculant en un éclair dans l’ironie et l’espièglerie compulsive, acteur toujours dans le doute dont les  principales influences Patrick Dewaere, Robert De Niro, l’obligent à la mise à l’épreuve constante, au dépassement de soi perpétuel. Thierry Frémont a une passion : jouer des rôles, un

talent : les jouer jusqu’au bout, sans concession, s’accordant bien peu de répit pour la vie « civile », sa vie privée que lui-même avoue « difficile, tant j’ai peu de temps à lui consacrer ». Depuis deux ans, le public peut enfin contenter sa longue attente : l’acteur est sur plusieurs fronts à la fois (téléfilms, cinéma, théâtre), les critiques ne tarissent pas d’éloges, Frémont est un puriste, qui opte pour des choix personnels et difficiles, loin, bien loin des mondanités parisiennes ou de la jet set. Son "danse floor" à lui ? Son appartement d’un quartier populaire de Paris ou noctambulisme rime avec activisme, celui qu’il a fait sien et qui consiste à toujours vouloir peaufiner, retravailler un rôle que d’autre, peut-être, ont occulté dès la sortie de plateau.

« Je ne peux pas faire autrement que de retravailler mes personnages le soir, comme un besoin d’être à la fois tout en eux et en même temps de leur apporter ce qu’ils pourraient être de plus, c’est plus fort que moi… »

On pourrait croire à un peu de vanité et pourtant les faits sont là : Molière 2004 du meilleur second rôle pour la pièce « Signé Dumas » avec Francis Perrin, deux millions de spectateurs pour « Espace détente » où il joue avec ses amis Bruno Solo et Yvan Le Bolloch’, Emmy Awards 2005 du meilleur acteur remis à New York ce 21 novembre dernier, succès critique unanime pour la pièce « Le Miroir » d’Arthur Miller dont il interprétait le rôle principal. A cela, il faut ajouter la sortie au mois d’avril « Des Brigades du Tigre » dans lequel il joue un anarchiste-terroriste russe (et ou d’ailleurs, il ne fait que parler en russe !) ainsi que « L’Empire du Tigre », téléfilm en deux parties une nouvelle fois labélisé TF1. Oui, cet homme a mangé du lion, toujours à l’affût, il court de rôle en rôle, avec le luxe de ne s’autoriser à jouer que ce qui le touche, le fascine. Comme tout prédateur, le comédien choisit ses « proies », le temps ne lui fait pas peur et s’il faut parfois laisser passer quelque proposition ce n’est que pour mieux savourer à pleines dents, à pleine âme une cible plus consistante. Car il y en a eu du temps entre son premier film « Les Noces Barbares » (où il obtient le Prix Jean Gabin) et aujourd’hui. Les débuts sont d’ailleurs prometteurs puisque son deuxième film : « Travelling avant » (de Jean-Charles Tacchella 1987) lui fait obtenir le César du Meilleur espoir masculin.

 
S’ensuit un long chemin de sacerdoce cinématographique qui l’a notamment amené à jouer des rôles historiques « L’affaire Dreyfus » (d’Yves Boisset 1995), « Les caprices d’un fleuve » (de Bernard Giraudeau 1996), poétiques : « Arthur Rimbaud, l’homme aux semelles de vent » (de Marc Rivière 1995) et sociaux : « Fortune Express » (d’Olivier Schatzky 1991). Toujours en quête de projets et de personnages poignants, il marque une génération entière avec son personnage de Jésus dans le film culte de Bernie Bonvoisin « Les Démons de Jésus » (1996). Son parcours au cinéma en aurait déjà satisfait plus d’un tant les collaborations sont riches (Bernard Blier : «  Merci la vie » 1991 ; Gérard Lauzier : « Le fils du Français »1999) voire mythiques

(Brian de Palma : « Femme fatale » en 2002) mais non, il ne peut se cantonner au cinéma, pire, il avoue que le théâtre est son premier amour : « avant tout, je rêvais de monter sur les planches, de me confronter à un public, ce rêve était un rêve d’enfant ». Alors, après une première pièce (« Poil de Carotte » en 1982), qui le consolide dans son choix, il passe par la case « Cours Florent », écoute les conseils de Francis Huster et s’en va vite gagner le Concours d’entrée au Conservatoire National Supérieur de Paris. Il n’a pas vingt ans. En 1987, c’est dans « Les acteurs de bonne foi » (Marivaux) qu’il débute sa carrière théâtrale, avec la ferme volonté de ne pas en rester là : « j’avais une vraie boulimie de théâtre comme d’autres de mon âge avaient certainement une boulimie de musique ou du Palace…. ». Quoiqu’il en soit, il n’a eu de cesse de marquer de son emprunte les planches des grands théâtres, interprétant une dizaine de pièces, ratissant de Claudel (« Tête d’or » en 1988) à Miller ou Shanley (actuellement en préparation avec roman Polanski à la mise en scène), de Tchekov (« La Cerisaie » 1993) à  Bruchner (« La mort de Danton » mis en scène par le génial Klaus Mikael Gruber en 1989). Il fait aussi partie de la troupe qui remporte le Molière de la Meilleure Pièce de l’année 1997 avec « Kinkali », mis en scène par Philippe Adrien et empoche le Molière du Meilleur Second rôle pour « Signé Dumas » en 2004. D’ailleurs, on n’a  toujours pas compris pourquoi il n’a pas obtenu le Molière du Meilleur comédien puisque, à moins d’être tombé sur la tête, il paraissait évident que son personnage était un premier rôle…

Bref, on se rattrapera sur les Molières 2006…

   

 

               
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